QU'APPRENDRE ?

Vous avez décidé d'apprendre à écrire un scénario ou plutôt, à écrire un film. Quelles connaissances faut-il acquérir ?

La liste suivante n'est pas exhaustive, mais elle nous donne au moins un schéma directeur :

• Savoir écrire, rédiger et présenter les scripts
• Comprendre ce qu'est la réalisation d'un film
• Comprendre ce qu'apporte le montage d'un film
• Comprendre le rôle du spectateur dans la création


Savoir écrire, rédiger et présenter les scripts

D'abord il faut savoir écrire correctement en français. La rédaction d'un scénario ne demande pas de véritable talent littéraire mais il faut être capable d'écrire avec efficacité : dire l'essentiel en un minimun de mots et sans ambiguïtés. Le script doit être facile à lire et il doit couler agréablement. Les didascalies doivent être d'un niveau de langue correct : éviter l'argot et le style relâché. En revanche, les dialogues sont libres, en accord avec les personnages.

Il faut ensuite savoir rédiger, à ne pas confondre avec savoir écrire. Les scénarios exigent une technique particulière d'écriture.

La présentation aussi a ses règles. Il convient de les connaître et de les respecter. Par sa mise en page un script doit dire : "je suis un film". C'est le point de vue du lecteur qu'il convient d'adopter et non le vôtre. Vos goûts ne sont pas forcément ceux des autres ; c'est la raison pour laquelle une norme est indispensable.

Comprendre ce qu'est la réalisation d'un film

Ignorer comment se passe un tournage risque fort de vous faire écrire des absurdités et vous tomberez dans tous ces pièges qu'une pratique de la mise en place et de la direction d'acteur vous aurait évité.

Que faire alors ? Lire des livres ? Rien ne remplace l'expérience, mais il n'est pas facile de trouver du travail sur un tournage professionnel. Notre époque, cependant, offre des solutions nouvelles. Il est possible aujourd'hui de tourner avec une caméra DV et de monter sur ordinateur pour un coût très modeste. Certes, il n'est pas donné à tout le monde de posséder un tel matériel, mais on finit toujours, en cherchant bien, à trouver le copain d'un copain qui en possède une et qui veut bien la prêter.

Trouvez une caméra, prenez vos ami(e)s, vos voisin(e)s, inventez une histoire que vous pourrez filmer chez vous, dans la rue. Notez ce qui sera nécesssaire pour tourner, notez aussi quelques phrases de dialogues. Et vogue la galère. Vos erreurs, vos oublis, vos ignorances seront vos maîtres.

La question que doit se poser un scénariste est : "Est-ce que ce que j'écris est tournable ?" Et ce mot tournable signifie bien des choses ! L'imaginaire doit être en harmonie avec les possibilités financières de la production. La capacité d'apprécier le coût d'un film fait partie du métier !

Comprendre ce qu'apporte le montage d'un film

Vous avez tourné ? Hé bien ! Montez maintenant. Que ce soit sur Mac ou sur PC, vous trouverez des logiciels gratuits dont les performances sont bien suffisantes pour votre propos. Attention ! Pas d'artifices ! N'utilisez pas ces gadgets que sont volets et autres fondus ; montez CUT !

Si le tournage crée la matière du film, le montage est le véritable moment de la création. C'est à ce stade que le discours du film est mis en forme. Une demi-seconde en moins à la fin d'un plan, et tout le sens est changé. Le film ne tient pas debout, on permute deux séquences ou l'on met la fin au début, ou bien encore on supprime totalement un rôle. C'est mou, c'est long, c'est lent : une image par-ci, une dizaine d'autres par-là et tout à coup, le film est là. Que ceux qui n'ont jamais vécu cette étonnante expérience me croient sur parole

Monter, c'est l'expérience fondamentale. Le scénariste doit rendre possible le tournage comme le montage. Le scénario est préparation. Tout n'est pas écrit ou prévu au stade de l'écriture : une fois le script bouclé, il y aura encore d'autres étapes qui viendront modifier le scénario sans pour autant que cela soit écrit dans le script.

Comprendre le rôle du spectateur dans votre création

Vous avez monté ? Hé bien ! Montrez votre film maintenant. Comment est-il reçu ? Comment est-il compris ? C'est l'épreuve de vérité. Vous avez droit à un petit remontant - avant ou après, à votre convenance.

Acceptez le fait fondamental de la communication : ce qui est compris est ce qui a été dit. Le spectateur décode le message et il le reformule. S'il ne le fait pas dans le sens que vous souhaitiez, demandez-vous pourquoi. La prochaine fois, vous filmerez autrement. C'est à dire que vous tiendrez compte du public et vous vous poserez la question primordiale : "À quel public mon oeuvre est-elle destinée ?"