De la ruse
avant toute chose
Créer, c'est donner. Et tant pis
pour les quelques rares romantiques qui enterrent
leurs oeuvres afin de les préserver du regard
'souillant' de l'autre. Créer, c'est donner,
c'est se donner. Que donner qui ne sorte de notre
conscient, de notre subconscient, de notre
inconscient ?
Le conscient est le domaine de la rationalité. Le
subconscient, cette zone grise, est le refuge de
notre sensibilité dont nous acceptons peu ou prou
de faire montre. Quant à l'inconscient, nous
oublions trop souvent sa dictature. Il nous faut
être rationnel si nous voulons maîtriser notre
récit. Il nous faut faire preuve de sensibilité
si nous voulons émouvoir. Il nous faut percer les
mystères de notre inconscient si nous voulons
comprendre — et donc être en mesure de
transmettre — ce qui nous dépasse et nous rend
semblable aux autres.
Oui mais voilà : chacune des instances évoquées
prend un malin plaisir à nous compliquer la tâche
! La raison nous empêche, l'émotion nous censure,
l'inconscient nous manipule.
Nous étions pleins d'idées — pensions-nous — mais
la feuille blanche semble nous dire :"Tu ne me
noirciras pas aussi facilement que tu le crois
!". Que faire sinon ruser ? C'est à dire
s'inventer des contraintes, des rites, des
manies, des trucs, des muses, des vistenboires à
triple action pour se rire de nos blocages.
Ces processus, je les appelle des machines à
créer. Rien d'automatique chez elles, tout est
fait avec les muscles de notre cerveau ! Chacun
doit mettre en place les siennes.
Voici la première d'entre elles : faites la
vaisselle !
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