COMPLÉMENTS AU CODE DE PRÉSENTATION
  • INDICATIONS SECONDAIRES
  • Flashbacks ou retour en arrière
    Figure très prisée du cinéma, les flashbacks posent deux problèmes : leur indication dans le texte, les moyens utilisés pour faire comprendre au spectateur que le flot temporel à changé. Nous nous intéressons ici qu'au premier : sa mise en page.

    (FLASHBACK) INT. APPARTEMENT PAUL — SALON — JOUR

    Mis en tête, l'entrée dans le flashback est bien mise en valeur. Si le film est complexe et enchaîne les retours en arrière et les périodes contemporaines, on pourra le cas échéant reporter les indications en fin de ligne :

    INT. APPARTEMENT PAUL — SALON — JOUR

    ...

    (FLASHBACK) INT. APPARTEMENT PAUL — SALON — JOUR

    ...

    INT. APPARTEMENT PAUL — SALON — JOUR (PRÉSENT)

    ...

    INT. APPARTEMENT PAUL — SALON — JOUR (FLASHBACK)

    ... etc.
  • Images d'archive
    Il est de bon ton de prévenir le producteur que certaines images seront des images d'archives (ou stock shot) — cela lui évitera des sueurs froides s'il lit au cours du scénario que vous voulez montrer la ville de Londres partiellement détruite par les V1 ! Non qu'il s'imagine que vous vouliez recommencer la seconde guerre mondiale, mais que votre intention est bien de lui faire payer de vastes trucages très onéreux. Les images d'archives posent souvent des problèmes techniques, vu leur âge, ne sont jamais données mais font néanmoins faire des économies ! Bien sûr, il existe toutes sortes de raisons pour vouloir introduire de telles images dans un film.

    Cette indication secondaire est mise en bout de titre de scène, entre parenthèses, comme par exemple :

    70 EXT. LONDRES SOUS LES BOMBES — JOUR (IMAGES D'ARCHIVE)
  • Même décor à deux époques différentes
    Il est parfois nécessaire d'indiquer une date ou une période pour un même décor apparaissant dans des états différents en relation avec l'époque des scènes.

    26 INT. APPARTEMENT PAUL — JOUR (1900)
    47 INT. APPARTEMENT PAUL — JOUR (1950)
    75 INT. APPARTEMENT PAUL — JOUR (PRÉSENT)

    L'exemple précédent suggère que le film se déroule linéairement. Cette présentation peut être aussi utilisée en cas de flashback, la date faisant office d'annonce du retour en arrière.
  • Ralenti
    Si l'indication secondaire concerne la scène en son entier :

    26 INT. APPARTEMENT -- JOUR (RALENTI)
  • Rêves et fantasmes
    On utilisera la même technique pour introduire les rêves ou les fantasmes.

    26 EXT. RUE PIERRE — JOUR (RÊVE)
    42 EXT. RUE PIERRE — JOUR (PHANTASME)
  • Scène en noir & blanc, film d'amateur
    Cerains auteur introduisent des variations de police (autre police, italique) pour indiquer des conditions techniques particulières. C'est inutile : le lecteur ne fera pas la liaison. Une simple indication suffit :

    39 INT. APPARTEMENT WINSTON — JOUR (SCÈNE EN NOIR & BLANC)
    45 INT. CHAMP DE COURSE — JOUR (FILM AMATEUR)

    Comme pour les flashbacks, l'indication peut être mise en premier pour en renforcer l'effet.
  • Split screen, Écran partagé
    Bien que ce soit de la mise en scène, certains scénarios demandent à ce que cette précision soit donnée au lecteur. Le grand problème est qu'on ne peut lire l'une après l'autre les deux (ou plus) scènes qui seront vues en même temps par le spectateur : il ne faut donc pas se faire trop d'illusion, il n'y a guère de mise en page vraiment efficace — faire deux colonnes ne changerait rien à l'affaire.

    Faut-il dire SPLIT SCREEN ou ÉCRAN PARTAGÉ ? L'anglais sera sans doute plus facilement compris (hélas ?).

    Voici une solution possible :

    27 INT. SALON PIERRE — JOUR (SPLIT SCREEN GAUCHE)

    ...

    28 EXT. CABINE TÉLÉPHONIQUE — JOUR (SPLIT SCREEN DROIT)

    ...

    SPLIT SCREEN GAUCHE

    ...

    SPLIT SCREEN DROIT

    ...

    FIN SPLIT SCREEN — RETOUR SALON PIERRE

    ...



    C'est, répétons-le encore, du domaine de la mise en scène. Il faut qu'il y ait une bonne raison d'introduire un tel artifice : généralement le fait que les comportements des personnages sont plus significatifs ou drôles s'ils sont vus en même temps (par exemple, chacun se regarde dans un miroir et semblent se faire face à l'écran...).
  • Suite d'une scène coupée
    Une scène peut être coupée par plusieurs autres, fort longues. Il peut être bon de rappeler au lecteur que ce n'est que la suite d'une précédente — n'oubliez pas que le spectateur aura, lui, de nombreux autres indices visuels pour le lui rappeler, ne serait-ce que le décor.

    24 INT. APPARTEMENT — JOUR (SUITE 18)
  • Autres cas
    Les indications secondaires peuvent être utilisées pour bien d'autres cas. Chaque film a ses propres besoins et l'utilisation d'indications secondaires dans les titres peuvent apporter une solution élégante aux problèmes soulevés. On gardera en mémoire que cette indication doit être très courte et compréhensible.
  • INSERT, ANGLE, MONTAGE, SÉRIE DE PLANS
  • Insert
    Un INSERT est un détail d'une scène amené en gros plan. C'est souvent le cas d'un objet sur lequel il faut attirer l'attention, ou d'une lettre à lire par exemple.

    INSERT

  • Angle
    ANGLE SUR :, est une sorte d'insert mais, dans ce cas, il ne s'agit pas de gros plan mais de plan normal. C'est une manière d'isoler un ou plusieurs personnages dans une scène.
  • Montage
    Un MONTAGE est une série de très courtes scènes exprimant une idée commune à toutes ou évoquant le passage du temps.

    MONTAGE — DU BON TEMPS À LA FOIRE

    -- Lucette fait un tour de manège.
    -- Une fillette mange une crêpe.
    -- Un vieil homme rit au spectacle de la femme à barbe.


    FIN MONTAGE

    Cette dernière indication est facultative, tout dépend du contexte, de la place du MONTAGE dans la scène principale — la mettre s'il peut y avoir la moindre ambiguïté.
  • Série de plans
    L'indication SÉRIE DE PLANS est semblable à celle de MONTAGE sauf qu'elle introduit de très courts plans racontant une histoire.

    SÉRIE DE PLANS — L'ASSASSINAT

    A) Landru et Marie-Angélique en train.
    B) Landru et Marie-Angélique en calèche.
    C) Landru et Marie-Angélique entrent dans la maison.
    D) Landru allume le fourneau.

    FIN SÉRIE DE PLANS
  • CONVENTIONS DIVERSES
  • Ponctuation dans les dialogues
    Beaucoup d'auteurs ont tendance à vouloir indiquer des jeux d'acteurs par la ponctuation dans les dialogues : ils utilisent alors pléthore de points d'exclamation, d'interrogation, de suspension. Ils voudraient marquer chaque hésitation, renforcer rageusement les affirmations, introduire le doute dans les questions, etc. Il y a même des modes ! Autrefois, le point d'exclamation était préféré au simple point, l'époque était péremptoire ; aujourd'hui, ce serait plutôt les points de suspension qui ont la cote, époque dépressive sans doute.

    Ces artifices graphiques doivent être utilisés avec beaucoup de parcimonie. La meilleure règle est celle de la ponctuation grammaticale.
  • Suite & plus
    En bas de page, quand un dialogue déborde sur la suivante, la fin du dialogue est indiqué par (.../...), le nom du personnage est répété au début de la page suivante avec l'extension (SUITE).

    SUITE_PLUS

    Les logiciels dédiés savent le faire automatiquement.