LE TITRE DE SCÈNE : CE À QUOI ON RECONNAÎT UN SCÉNARIO !


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CARACTÉRISTIQUES
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Forme canonique[NUMERO] [LOCALISATION] [DÉCOR] - [PÉRIODE] [(INFORMATION SECONDAIRE)]... [NUMÉRO]
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Mise en pageTout en lettres capitales sans autre artifice.
Un tiret vient séparer le décor de la période. S'il faut un double décor, mettre un tiret entre les deux. Les informations supplémentaires, si elles existent sont entre parenthèses.
Il est précédé et suivi d'une ligne blanche. Il doit tenir dans son entier sur une seule ligne. Sauf rares exceptions (justifiées pas la rapidité des actions), un titre de scène est toujours suivi d'un paragraphe de didascalies.
Un titre de scène ne doit pas se retrouver seul sur la dernière ligne d'une page. il faut qu'il y ait au moins deux lignes de didascalies après lui. -
SOUS-ÉLÉMENTS
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Le numéroLa suite des nombres entiers.
S’il faut ajouter des scènes après la numérotation définitive, l’ajout de lettres aux nombres le permet : 52A, 65A, 65B... Cette pratique n’a aucun sens tant que la préparation n’est pas lancée. On peut admettre que pour faciliter la comparaison des versions ces numéros intermédiaires soient utilisés. -
La localisationIl n’y a que quatre localisations possibles : INT. (intérieur), EXT. (extérieur), et leurs deux combinaisons. Elles indiquent où se trouve la caméra par rapport au décor nommé ensuite, décor qui est le lieu de l’action.
La localisation semble confirmer la nature « intérieure » ou « extérieure » du décor qu’elle complète : mais pourquoi faudrait-il préciser qu’une chambre, c’est « dedans » et qu’un champ, c’est « dehors » ? C’est qu’en vérité, la localisation, ce n’est pas tout à fait ça.
Partons de la définition suivante : la localisation indique la position de la caméra par rapport au décor dont le nom fait suite.
Suivant cette règle, INT. CHAMBRE indique une scène se déroulant et filmée à l’intérieur de la chambre. EXT. CHAMBRE indique que la caméra est hors de la chambre et en filme l’intérieur.
Toujours en s’appuyant sur la définition donnée, une indication mixte (INT/EXT. - EXT/INT.) signifie que la caméra sera soit à l’intérieur, soit à l’extérieur du décor (qui ne pourra être qu’un intérieur !) durant la scène sans qu’il soit possible de le déterminer à l’écriture cela relevant de la réalisation. C’est un bon moyen de ne pas mettre trop de titres de scène dans certains cas où leur profusion risquerait de gêner la lecture. -
Le nom de décorCourte formule souvent en style télégraphique décrivant sommairement le lieu de la scène : BUREAU PAUL, COULOIR QUATRIÈME ÉTAGE, CHAMBRE HÔTEL — VIENNE, ...
Chaque formule se doit d’être courte, la plus courte possible. Le titre de scène ne devant pas être plus long qu’une ligne, le style plus où moins télégraphique s’impose. Chaque décor doit avoir son nom, un nom qui n’appartienne qu’à lui seul.
Le plus simple est d’associer un mot décrivant un lieu avec un autre le caractérisant. Ce peut être le nom d’un personnage associé à ce lieu (CHAMBRE PAUL), l’indication d’un rapport avec un autre lieu (COULOIR QUATRIÈME ÉTAGE), un événement (PLACE ATTENTAT), un état (CHEMIN BOUEUX) — à votre imagination.
Une caractérisation comme PLACE ATTENTAT peut poser problème car la rédaction des titres de scène obéit aussi à la règle du présent de la projection (les scénarios sont rédigés au présent et leurs descriptions sont chronologiques et synchrones avec ce qui sera vu à l’écran) : le nom du décor ne peut donc pas anticiper sur l’action, il ne peut que la rappeler. Il est cependant acceptable d’associer le nom d’un personnage encore inconnu dans l’histoire à un lieu auquel il est lié : CHAMBRE PAUL peut ainsi apparaître avant Paul (cela surprendra un peu le lecteur mais c’est pour la bonne cause).
Certains films imposent que le nom du décor comporte un deuxième caractérisant pour lever les ambiguïtés et respecter la règle d’un nom par décor : les chambres d’hôtel d’un voyageur de commerce ne pourront être différenciées que par l’ajout du nom de la ville par exemple : CHAMBRE HÔTEL — MARSEILLE, CHAMBRE HÔTEL — LYON...
Cette manière de faire est aussi très utile pour les décors liés.
Un nom de décor n’est pas un vocable isolé : il appartient à un système courant sur le scénario entier, un système qui impose au scénariste de forger ses noms toujours dans le même esprit afin de faciliter la visualisation du lecteur. -
la périodeLe moment de la journée où se déroule la scène : JOUR, NUIT, MATIN, SOIR, AUBE, CRÉPUSCULE...
On adoptera la stratégie d’indiquer la période « réelle » du déroulement de l’histoire.
Liste des périodes possibles (les lumières transitoires sont en italiques grisées) :- AUBE
- LEVER DU SOLEIL
- MATIN
- MIDI
- APRÈS-MIDI
- SOIR
- COUCHER DU SOLEIL
- CRÉPUSCULE
et- JOUR
- NUIT
La compréhension de l’histoire s’en trouve favorisée — on gardera néanmoins en mémoire (et c’est une bonne manière de rester réaliste dans sa création) que les lumières transitoires ne durent guère que quelques instants et que cela pose de nombreux problèmes lors des tournages en plein air si ces lumières doivent être respectées. -
Informations secondairesUn titre de scène peut comporter d'autres indications comme : une date, l'indication de flash-back ou l'utilisation d'une technique particulière (voir ici).
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UTILISATION
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À quoi ça sert ?Avant d’être une étiquette pour la scène, le titre de scène est un séparateur visuel sur le papier. En tant qu’étiquette, il permet de repérer facilement une scène unique tout en fournissant des informations lisibles.
Une ligne séparatrice :
Avant d’être lu, un titre de scène est vu. Précédé d’une ligne blanche et suivi de même, il est légèrement isolé sur la page.
Une étiquette :
La fonction principale est le repérage de la scène. Le titre de scène possède deux manières de le faire : un texte lisible et un numéro. Le numéro étant absolu, il est d’emploi plus technique et sert surtout pour le dépouillement, le plan de travail et au tournage. La partie lisible peut soit annoncer la nature d’un décor dans lequel on entre pour la première fois, soit rappeler à la mémoire du lecteur un décor déjà connu.
Un titre de scène n’est pas une description de décor ! Il ne doit pas chercher à informer le lecteur de toutes ses particularités. -
FormationAu-delà de son aspect technique somme toute assez simple, le titre de scène pose certains problèmes de rédaction presque littéraires. S'il doit être court, il doit être aussi signifiant ! Il doit donner à voir le décor qu'il détermine ; il doit s'insérer dans le flot de la lecture sans l'interrompre ; il doit être facilement mémorisable non seulement en lui-même mais aussi ce qu'il représente. Il ne peut prétendre tout décrire du décor.
Une bonne technique consiste à l'intégrer au texte :
Le Président passe alors dans le
INT. SALON MURAT - JOUR
Tous se lèvent à son entrée.