LA TRANSITION : DU PUR CINÉMA

  • CARACTÉRISTIQUES
  • Forme canonique
    Étant donné qu'il en existe plusieurs, à titre d'exemple :

    COUPE SUR :
    FONDU AU NOIR.
    FONDU À L'OUVERTURE :
    FONDU AU BLANC.
    ...

    Vous remarquerez que certaines se terminent par deux points et d'autres par un point. Cette différence est justifiée par le fait que les premières mènent à la scène suivante et les autres à des images noires ou blanches, images « terminales ».
  • Mise en page
    Les transitions s'écrivent en lettres majuscules et sont placées au fer à droite.
  • EXEMPLES
  • Coupe sur :
    Indique que le dernier plan de la scène précédente et le premier plan de la scène suivante seront enchaînés par une coupe franche (au ciseau autrefois !) sans aucun artifice : c’est la manière habituelle et la plus simple d’enchaîner deux plans.

    Ce devrait être la transition la plus utilisée mais l’habitude veut qu’on l’omette la plupart du temps.

    Elle est pourtant fort utile au lecteur quand cette transition est judicieusement placée :

    • en fin des séquences
    • en fin des journées
    • en cas de scènes ou de séquences parallèles

    En fin de séquence (qui peut n’avoir qu’une seule scène) : indique aux lecteurs qu’il va passer à autre chose. Que la scène suivante ne fait pas partie de la série qu’il vient de lire.

    En fin des journées (dans l’histoire) : deux scènes qui se suivent peuvent se passer à des jours différents dans l’histoire sans que rien ne vienne vraiment nous l’indiquer (sauf la logique de l’histoire) ; cette transition nous aide à le comprendre.

    En cas de scènes ou de séquences parallèles : plusieurs scènes se déroulent en parallèle, le spectateur aura le sentiment que tout cela se passe concomitamment, la transition en isolant les séries de scènes les unes des autres rend plus évident pour le lecteur ce qui le sera facilement pour le spectateur qui se repérera, lui, aux décors.

    D’une manière générale, cette transition peut servir à isoler deux séries de scènes pour faciliter la visualisation du lecteur.

    Là où il est certain qu’il ne faut pas la mettre, c’est justement quand deux scènes qui se suivent appartiennent à la même série et que cette transition ne voudrait alors rien dire d’autre que : « le montage sera une coupe franche » !
  • Fondu à l'ouverture :
    Indique que l'image apparaît progressivement, émergeant d'un fond noir.

    C'est un effet introductif.
  • Fondu à la fermeture.
    Peut aussi se dire : «  Fondu au noir. »

    Indique que l'image disparaît progressivement pour devenir noire.

    C'est un effet conclusif.
  • Fondu enchaîné :
    Indique que les dernières images du dernier plan de la scène précédente seront enchaînées avec les premières images du premier plan de la scène suivante par un effet de transition progressive où les premières disparaissent par fondu au noir tandis que les secondes apparaissent en surimpression par fondu à l'ouverture.

    C'est un effet de transition (autrefois très utilisé conventionnellement pour entrer dans un flashback).
  • Autres transitions
    Hormis les classiques fondus toujours utilisés aujourd'hui (mais avec parcimonie), il existe toute une classe de transitions où l’on passe d’une image à une autre grâce à un trucage (la plupart du temps) qui simule l’emploi d’un volet simple, d’un rideau, d’un iris ou d’un chassé (une image « pousse » l’autre hors de l’écran). D’autres procédés sont imaginables, comme certains flous, effets d’eau troublée — tout ce que l’imagination peut produire.

    Certains de ces effets peuvent se faire directement à la prise de vues par l’adjonction devant l’objectif d’un dispositif ad hoc.

    Les transitions de ce type n’appartiennent plus vraiment au langage cinématographique contemporain.
  • UTILISATION
  • À quoi ça sert ?
    La première raison d'être des transitions est de faire de la mise en scène. Ce sont donc des indications qui intéressent plus le metteur en scène et le script que le scénariste et son scénario.

    Le scénariste pourra cependant en utiliser certaines à bon escient.
  • Comment les utiliser ?
    Le scénariste renoncera à indiquer les transitions de mise en scène. Il se contentera de n’indiquer que les ponctuations dramatiques (principalement fondu au noir), et de scander son texte avec des « Coupe sur : » judicieusement placées.