QUERELLES AUTOUR DE CERTAINES HABITUDES FRANÇAISES
-
LES GRANDES QUESTIONS
-
La présentation en généralQuelles que soient les variations adoptées, on ne trouvera jamais de scénario qui ne respecte les grandes lignes du genre : découpage en scènes, didascalies en pleine largeur, dialogues dans une colonne centrale (plus ou moins large). Ne pas se fier au transcripts ou aux éditions en livres des scénarios pour qui il est nécessaire de réduire le nombre de pages à imprimer (les dialogues sont souvent sur toute la largeur dans ce cas, et les noms de personnages en tête de répliques).
-
La police de caractèresLes Français n'aiment pas les caractères « Courier », ils préfèrent généralement la policie « Times » ou « Times New Roman », ou « Helvetica », ou d’autres encore. Chacun fait son marché dans le menu de son ordinateur et, finalement, les scénarios n’ont plus l’air de scénario !
Il est bien dommage que nous ne nous soyons pas imposé une police et une seule ; c’est ainsi. Souvenons-nous, néanmoins, qu’un scénario doit avoir l’air d’un scénario et non d’un livre. La police Courier a au moins l’avantage de faire ressembler le script a un tapuscrit, c’est-à-dire quelque chose qui annonce clairement sa fonction : « Attention ! À décoder !! ». C'est aussi la raison pour laquelle on ne justifie pas les scénarios à droite.
Que faire alors ? Si vous tenez absolument à utiliser une autre police, utilisez une police classique, neutre ; ne cherchez pas l'originalité, pensez par dessus tout à la lisibilité. -
L'impression recto-versoInterdit !... Pas dans les habitudes !... Il est vrai qu’un script qui pèse deux fois moins lourd et est deux fois moins épais qu’attendu procure une impression bizarre. Pourtant ils sont en train de passer dans les moeurs : l’esprit écologique est passé par là.
Cela coûte très cher d’imprimer de nombreux exemplaires. Rien ne vous interdit de faire attention à vos finances. Tenez ! Mettez en deuxième page : « Dans le soucis de ne pas rajouter aux malheurs du monde et à sa déforestation, ce script est imprimé recto-verso ». -
SUR LE CODE LUI-MÊME
-
TransitionElles sont rarement utilisées en France, et c'est dommage. Les débutants, quand ils les utilisent, ont tendance à en mettre un peu partout à tord et à travers ; sans doute cela leur apparaît-il très cinématographique. L'anglais, ici, n'est pas vraiment accepté, ni justifié.
-
Titre de scèneOn observe une grande variété de présentations : gras, souligné, emploi de minuscules, etc. On retiendra que plus le titre est mis en avant (gras et souligné par exemple), plus la rupture visuelle qu'il introduit est d'importance, et par voie de conséquence, plus la lecture peut être difficile.
-
Numérotation des scènesLa numérotation des scènes, en France, est une habitude partagée. L'absence de numéro peut gêner certains — ils ne sont pourtant pas indispensables au stade du scénario de prospection. Néanmoins, suivez nos habitudes.
-
Ordre dans les titres de scèneOn trouve très habituellement en France trois ordres dans les titres de scènes : LOCALISATION / PÉRIODE - DÉCOR, ou LOCALISATION. DÉCOR - PÉRIODE, ou encore DÉCOR - LOCALISATION / PÉRIODE.
Toutes se valent. Bien sûr, on n'en changera pas en cours de script ! Avec les logiciels dédiés, il n'est pas possible (actuellement) de changer leur ordre par défaut pour ne pas interférer avec les automatismes qui lui sont liés. L'ordre est celui qu'utilisent les Américains : LOCALISATION DÉCOR - PÉRIODE. -
Titre secondaireRarement utilisés en France. Cela vient du fait que, tout comme les titres de scène eux-mêmes, l'oeil du lecteur à tendance à glisser dessus. La technique qui consiste à les intégrer dans le flot des didascalies n'est pas habituellement pratiquée en France.
-
DidascaliesOn touche plus ici à l'art de la rédaction des scénarios. Remarquons néanmoins une tendance à oublier l'interligne entre deux paragraphes, sans doute pour gagner de la place — c'est une mauvaise réponse à un vrai problème, celui du nombre de pages des scripts.
-
Nom de personnageTrès souvent en gras et/ou souligné en France. On fera la même remarque que pour les titres de scène : s'ils sont trop voyants, ils arrêtent la lecture.
-
ExtensionElles sont le plus souvent en (fr)anglais : (OFF), (V.O.) pour "Voix Off". (H.C), pour hors champ, sera compris mais n'est pas très répendu.
-
IndicationIl arrive parfois qu'on les trouve à la suite de l'extension (en minuscules). C'est une très mauvais solution.
-
DialogueEn France, le passage à la ligne à l'intérieur même des dialogues est une pratique courante.
-
REMARQUES SUR NOS HABITUDES
-
Ce qui est importantL'adoption de variations doit toujours se faire en ayant à l'esprit la recherche de la lisibilité.
-
Ce qui n'est pas importantL'ordre dans les titres de scène n'est qu'une convention, on pourra adopter l'une des trois possibles (INT/JOUR APPARTEMENT ; INT. APPAREMENT - JOUR ; APPAREMENT - INT/JOUR) . L'absence de transition ou de titre secondaire ne viole aucune règle.
De même, la largeur de la colonne dialogue n'est pas vraiment fixée. Il suffit qu'à l'œil on ait le sentiment d'une colonne.