PROBLÈMES RÉSOLUS
  • COUPS DE TÉLÉPHONE
  • Un seul correspondant : l'autre n'est ni vu ni entendu
    C'est le cas le plus simple. Le dialogue de la personne à l'image est écrit sans autre artifice. Le seul problème est celui du temps occupé par les réponses de l'interlocuteur invisible. Une bonne solution consiste en l'utilisation de points de suspension — il ne faudra alors, bien sûr, ne pas les utiliser pour marquer d'éventuelles hésitations du locuteur.

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    Une autre solutions consiste à insérer la description d'une réaction du locuteur.

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  • Un seul correspondant : l'autre est entendu mais pas vu
    Dans ce cas, l'un est à l'image, l'autre est seulement entendu à travers l'écouteur du téléphone.

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  • Les deux correspondants sont vus et entendus
    Dans ce cas, nous avons deux scènes : l'une chez le premier interlocuteur, l'autre chez le second. S'il fallait à chaque fois indiquer un titre de scène, la page apparaîtrait surchargée, d'autant plus que chaque dialogue serait court. Si la conversation dure, une autre convention permet d'alléger la présentation.

    L'astuce consiste à n'indiquer qu'une seule fois les titres de scène concernant les interlocuteurs puis, au moment où l'on veut préciser que l'on verra chacun d'eux à tour de rôle, mettre en titre secondaire l'information que le montage sera alterné.

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    Un second problème apparaît alors : dans quel décor la conversation se termine-t-elle ? Si c'est dans le premier, il est possible de préciser que l'on retourne définitivement à la scène concernée :

    RETOUR APPARTEMENT PAUL

    Si c'est dans le second, mettre simplement :

    APPARTEMENT VIRGINIE

    Cela correspond d'ailleurs aux habitudes de tournage qui veulent que chacun des interlocuteurs soit filmé pour la totalité des dialogues, ce qui repousse le choix définitif de ce qui sera à l'écran au moment du montage — la meilleure solution, évidement.
  • DÉCORS LIÉS
  • Un problème de lecture ?
    Exemple classique d'une scène où l'on suit un personnage passant rapidement d'une pièce à l'autre ce qui aurait pour conséquence d'avoir une page ne présentant presque que des titres de scène.

    55 INT. CUISINE AGATHA - JOUR

    Agatha prend un couteau de boucher et sort de la cuisine.

    56 INT. COULOIR AGATHA - JOUR

    Elle remonte le couloir silencieusement.

    57 INT. SALON AGATHA - JOUR

    Elle traverse le salon sur la pointe des pieds.

    58 INT. CHAMBRE AGATHA - JOUR

    Elle entre dans la chambre...


    Les pages présentées ainsi ne sont pas agréables à lire parce qu'il y a trop de titres de scène ; cela gêne la lecture et en brise le rythme.
  • Réponse classique
    La technique consiste à utiliser un titre de scène double (décor & sous-décor) et des titres secondaires (non numérotés).

    55 INT. APPARTEMENT AGATHA - CUISINE - JOUR

    Agatha prend un couteau de boucher et sort de la cuisine.

    COULOIR

    Elle remonte le couloir silencieusement.

    SALON

    Elle traverse le salon sur la pointe des pieds.

    CHAMBRE

    Elle entre dans la chambre...

    On remarquera que le titre de scène principal indique le décor de départ de la scène (en vérité une séquence).
  • Encore mieux !
    Il n'y a pas que l'esthétique qui fasse problème : trop de scènes peut suggérer un coût de production élevé — ce qui est parfaitement faux ! (Ne pas confondre scène et décor) Mais c'est ainsi. Il faut donc veiller à ne déranger ni l'oeil ni le portefeuille.

    Pour les sous-décors d'un grand décor, la solution la plus simple est parfois de ne rien indiquer du tout...

    55 INT. APPARTEMENT AGATHA - JOUR

    Agatha prend un couteau de boucher et sort de la cuisine.

    Elle remonte le couloir silencieusement.

    Elle traverse le salon sur la pointe des pieds.

    Elle entre dans la chambre...

    Ni vu ni connu...
  • PERSONNAGES INCONNUS
  • Évoqué en dialogue
    La première apparition d'un personnage, en didascalies, est signalée par le fait que l'on met son nom en majuscules. Cette habitude ne concerne que les didascalies. Si son nom est évoqué dans un dialogue avant qu'on l'ait découvert, il ne faut pas l'écrire en majuscules (ce qui équivaudrait à crier son nom) mais seulement avec la première lettre en majuscule.

    PIERRE
    As-tu vu Paul ce matin ?


    Il n'y aucune raison de faire autrement.

  • Caractérisé en avance par leur profession
    L'habitude veut qu'on caractérise certains personnages secondaires par leur métier, leur fonction. Si on le désigne ainsi dès son apparition, le lecteur en saura plus que le spectateur au même instant — la règle du tel écran, tel écrit doit-elle être respectée dans ce cas ?

    C'est un peu un faux problème. Le désigner dès le départ, et en avance donc, par sa fonction est une bien meilleure technique que changer sa désignation en cours de route. L'inconnu qui se présente à votre porte est-il un huissier qu'il faut le dire tout de suite : L'HUISSIER...

    Cependant, si l'identité ou la fonction du personnage doit être un mystère dans l'histoire (résolu ou non), il faut faire en sorte que cela le soit aussi pour le lecteur. Il faut éviter les noms trop vagues comme UN HOMME, UNE FEMME, etc. et ce personnage devant revenir sans doute dans l'histoire, l'article indéfini n'est pas un bon choix. Il suffit parfois de simplement le caractériser suivant les circonstances de sa première apparition.

    La rencontre a-t-elle lieu lors d'une promenade ? LE PROMENEUR est alors une bonne solution — mais lorsqu'on retrouvera ce personnage à l'écran, dans une autre scène, il faudra veiller à rappeler (au moins la première fois) au lecteur qu'il le connaît déjà : Jean-Jacques croise à nouveau Le Promeneur rencontré lors de sa promenade solitaire. On peut penser à d'autres moyens : l'homme boite-t-il que LE BOITEUX fera un très bon nom. La femme est-elle habillée en rouge que LA FEMME EN ROUGE sera parfait (mais attention aux noms trop longs !).

    Adaptez aux circonstances, bien sûr !